Comme l'écrit le journal 01Net

Le projet de loi sur le terrorisme va être présenté par Nicolas Sarkozy. Il devrait préconiser une conservation des données de connexion au Net pendant un an. Tous les fournisseurs d'accès Internet sont concernés, jusqu'aux cybercafés et aux entreprises. Mais cette rétention de données a un coût, que les acteurs du secteur aimeraient voir assumé par l'Etat. (01net du 29 sept 05 )

Cette disposition s'inscrit dans la ligne droite du projet de directive de la Commission Européenne obligeant les opérateurs télécoms à stocker les données de connexion de leurs abonnés. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice européens réunis mi juillet à Bruxelles, Charles Clarke, secrétaire du home Office britannique et Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur en particulier, avaient appelé la Commission européenne à adopter de toute urgence des décisions en ce sens (01net du 13 juillet 05). Ce texte avait été rejeté par le Parlement Européen en juin 2005 et sévèrement critiqué par la Cnil et ses homologues européens 01net du 2 juin 2005.

Ce que révèle ce débat c'est que jusqu'ici la loi sur la sécurité quotidienne (LSQ votée en 2001) disait que seulement que les FAI n'avaient pas le droit de conserver les données de connexion plus d'un an...Maintenant ils en auraient l'obligation. Ce qui ne leur pose pas un problème moral mais un problème économique et ils aimeraient bien que l'Etat paie la facture de ses exigences comme ont réussi à le faire les opérateurs de téléphonie mobile...Encore une fois le respect des libertés publiques est réduite à une affaire de gros sous. A combien les opérateurs et les FAI estiment-ils le prix de la liberté ?

Bien sûr les tenants de cette rétention des données diront que c'est le prix de la sécurité, que tout cela se fait pour protéger les citoyens innocents contre les menaces de terrorisme...mais entres nous si j'étais un terroriste et que je voulais communiquer des informations via Internet que je ne voudrais pas voir interceptées et mémorisées, j'utiliserais sans doute un logiciel de cryptographie...Imaginer qu'une cyber-surveillance de tous les citoyens va permettre de les protéger est une drôle d'idée ; il est plutôt probable que de telles mesures se retournent contre leur liberté, sans nécessairement affecter les terroristes. Encore une fois il est vraissemblable que la lutte contre le terrorisme soit plus efficace en traitant le problème à la racine des causes du terrorisme, mais là cela supposerait de se poser des questions génantes menaçant les intérêts des grandes puissances.