Sur ce sujet la CNIL a exprimé qu'elle adoptait vis à vis du droit des patients à ne pas autoriser l'écriture des informations de santé une vision plutot restrictive : selon la loi le patient ne peut s'y opposer que "pour des raisons légitimes". On peut s'étonner d'une telle position qui traite un peu à la légère la liberté individuelle du patient-citoyen à ne pas accepter de voir circuler sur Internet des données médicales personnelles sensibles, susceptibles d'intéresser des acteurs de la santé comme les assureurs, sans qu'on puisse jamais garantir que le système ne soit pas piraté...De plus, quelle maîtrise le patient aura-t-il sur les circuits de partage de l'information au sein du milieu médical ? quid de l'évolution des règles de circulation des données dans le cadre d'une privatisation du système de l'assurance maladie ? et comment un tel dossier médical partagé est-il compatible avec les régles éthiques et déontologiques qui encadrent la pratique médicale ? Voilà bien des questions pour lesquelles les réponses aujourd'hui sont floues.

On peut donc se demander pourquoi on voudrait que le système soit obligatoire ? Cela sans doute davantage à voir avec la rationnalité économique qui commande que des millions d'euros d'investissement pour mettre en place un tel système soient amortis par une généralisation du système permettant des économies dans la rationalisation des soins (par quels mécanismes d'analyse et de contrôle ? Mystère...). Or le doute (et le risque) est sans doute trop fort pour les décideurs de se fier au seul volontarisme des patients-citoyens à s'inscrire dans un tel système.

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