Au delà de l'écran, cette compétition pour l'organisation des JO - faussement présentée comme l'épreuve préalable aux jeux dans laquelle certains attendent et revendiquent la palme du fair-play avec ottestentation comme si cela permettait de courrir plus vite, plus loin, plus haut... - cache en fait une logique dominante et clairement pragmatique et matérielle pourtant du lobbying (pour ne pas dire plus...) dans laquelle le plus fort est le meilleur.
Dans ce constat, ce qui me frappe ce n'est pas tant cette cécité faussement naïve que l'effet de focalisation sur cet évênement au regard d'autres évênement concommitants. Ainsi la sélection de la ville organisatrice des JO 2012 a totalement occulté cet autre évênement pourtant tout aussi important (plus même pour moi) du vote du Parlement Européen sur les brevets logiciels. Pour connaître le résultat du vote, il fallait plutôt rester branché sur quelques fils RSS sur son ordinateur que l'oreille rivée à la radio ou les yeux scotchés sur l'écran de télé.
Donc l'enjeu des JO a doute fait échapper, au moins dans le moment fugace et factice de l'immédiateté de l'actualité, à l'enjeu sur la brevetabilité des logiciels. D'un côté la fausse simplicité du principe de plaisir qui mène le monde depuis les lustres de l'antiquité humaine - Du pain et des jeux - ; de l'autre la "complexité" repoussante des jeux économiques du droit des brevets. En faisant une telle balance on peut comprendre comment (pas nécessairement "pourquoi ?") le débat sur les OGM a du mal à s'instaurer dans toute ses dimensions. Nous ne sommes pas éduqués (élevés) dans ce registre de l'effort intellectuel par lequel on peut forger les citoyens et qui nous permet de mieux comprendre en quoi certains objets apparamment distants ou conceptuels ou virtuels pratiquement intangibles pèsent en réalité d'un poids considérable, insoupçonnable sur nos destins et notre avenir sociétal.
A la réflexion (au delà de l'émotion) qu'importe que les JO aient lieu à Paris ou à Londre (et ce n'est pas du fair play mais de la conscience citoyenne) ? Le spectacle sera au rendez-vous des euros et des dollars investis. Bien sûr, les fiertés et chauvinismes nationaux sont affectés. Bien sûr la création d'emplois et de richesses par et pour le pays organisateur est déplacée géographiquement, mais qu'importe à l'heure claironnée de l'Europe et de la libre circulation des biens et des personnes dans l'espace de la communauté élargie... L'équilibre du monde économique n'est pas menacé dans ce déplacement ; alors que le vote de la directive européenne sur les brevets logiciels aurait bien eu lui cet effet de déplacer de manière forte le rapport de force un peu plus du côté des puissances dominantes de l'économie de marché et de l'accumulation capitaliste, comme le ferait la pleine reconnaissance pratique des brevets sur les OGM liée à leur liberté de culture sans contrainte.
Voilà nous y sommes le lien entre les JO et les OGM est établi : en fait tout se joue dans l'ordre des priorités des enjeux sociaux et sur la manière dont nous sommes capable d'exercer notre citoyenneté pour contrôler notre destin collectif.